Présentation

Michèle Mirroir
Correctrice, France
Correcteur orthographe

Je suis correctrice, c’est-à-dire que je corrige l’orthographe, la grammaire, la syntaxe et la typographie des livres avant leur impression.

Mais aujourd’hui la chaîne éditoriale s’est beaucoup raccourcie et je fais également d’autres choses, en particulier la mise en page de ces mêmes livres, ce qui est du repos après la correction !

Je travaille à mon domicile, dans un environnement sympa, sur un MacIntosh bien équipé et avec tous les outils nécessaires.

Internet me permet de travailler sans souci des distances et avec rapidité :

je travaille régulièrement pour un éditeur parisien mais également pour un éditeur suisse et un professeur de Nîmes…

Je travaille ponctuellement pour qui me le demande. Tout est devenu très simple avec Internet : les fichiers m’arrivent par mail et repartent de même.

J’ai découvert ce métier et commencé à travailler à 50 ans et il m’a tout de suite passionnée. J’ai aujourd’hui dix ans de plus mais ne me parlez pas de retraite !

Découverte

J’ai découvert ce métier par hasard et sur le tard.
Et il m’a « sauvé la vie ».

Après le Bac, le mariage et trois enfants, la maladie a bouleversé mon existence.

Dans un fauteuil roulant et sourde-muette, j’ai connu de longues heures, mois et années de « rien à faire » et de déprime, qui m’ont amenée à rencontrer quelqu’un pour m’aider à en sortir. Il m’a beaucoup aidée moralement et je lui dois mon métier. Merci à lui.

Il écrivait des livres et un jour, sachant que j’étais « bonne » en orthographe (il avait lu l’« histoire de ma vie » que j’avais écrite), me demanda de relire et de corriger l’un d’entre eux.

Bien sûr il n’avait pas besoin de moi, son éditeur ayant certainement un(e) correcteur(trice).

Mais je ne demandais qu’à tomber dans le panneau et ce moment fut une révélation pour moi, j’eus tout de suite l’impression de « nager » dans mon élément et d’avoir fait ça toute ma vie.

Alors que je croyais ma vie finie, cette passion subite mais qui prenait d’un seul coup tant d’importance me donna l’envie, le courage et l’inconscience de tout mettre en œuvre pour arriver un jour à travailler.

Vu mes handicaps cela paraissait de l’utopie, mais… tenace, vous vous rappelez ?

Parcours

Lorsque j’étais petite, déjà, ma mère me disait : « Quand tu as quelque chose dans la tête, tu ne l’as pas… ailleurs » (elle employait un langage plus imagé !).

Cette réputation de ténacité m’a suivie tout au long de ma vie, provoquant bien souvent l’agacement voire l’irritation de mes proches…
Moi, tranquille (tenace !), j’ai continué… Je ne peux pas faire autrement, c’est plus fort que moi ! Et quelle bénédiction d’être tenace lorsqu’on est correctrice !

J’eus surtout de la chance… De rencontrer tout d’abord un assistant social très motivé qui m’obtint une formation à domicile, les transports et les écoles sans ascenseur rendant pour moi toute sortie problématique.
Il rencontra ensuite une personne qui ouvrait l’un des premiers sites de télétravail, où elle fut ravie de m’inscrire.

Moi, j’avais commencé par m’offrir un MacIntosh et à me battre avec l’informatique. J’avais découvert les facilités d’Internet. Puis j’avais envoyé au hasard du Bottin des lettres à des éditeurs, où je mentionnais mes compétences et… mes handicaps, impossibles à et que je ne voulais pas cacher.

Refus, refus, refus… jusqu’au jour où un jeune éditeur me donna un rendez-vous : sa maison d’édition débutait, son père était handicapé, j’avais toutes mes chances…

Le métier

Souvent je reçois des messages de personnes (jeunes) qui me disent « J’ai Bac + 6, une maîtrise de…, le métier de correcteur m’intéresse », ou de personnes (moins jeunes) « Je suis secrétaire, je veux me reconvertir », comment leur expliquer que cela est sans rapport avec la correction ?

Bien sûr ce sont de bonnes bases, celles en français étant indispensables.

Mais à côté de cela combien de choses à savoir ! Certaines qui s’apprennent lors d’une formation mais surtout bien d’autres qui font partie du caractère, de la personnalité, et que l’on possède ou pas…

Sauf si l’on désire être un correcteur très spécialisé, des connaissances très « pointues » ne sont ni nécessaires ni utiles, mais elles doivent couvrir tous les domaines ou du moins le maximum… Ce qui implique de la curiosité et surtout de la mémoire.

Il faut être exigeant, ne jamais hésiter à chercher, à recommencer, à relire. Encore et encore. Ce qui implique de la patience… que je n’ai pas dans la vie mais que je pratique sans ennui dans mon métier.
Il faut de l’organisation quand arrivent vingt fichiers à classer.
Il faut être polyvalent et accumuler les savoir-faire si l’on veut accepter tous les travaux.
Savoir se dépêtrer rapidement d’une panne de logiciel ou de connexion Internet, qui vous arrive toujours le jour où « c’est pas l’moment », est fortement souhaitable !
Être diplomate si vous avez une erreur à indiquer à un auteur aussi !

Mais surtout, surtout ! il faut savoir travailler dans l’urgence et sans stress car c’est toujours ce que l’on vous demandera ! En plus d’un travail parfait évidemment…

Passion

Je fais tout cela et j’aime le faire.

Chaque nouveau livre est un défi, une gageure, une réalisation, une satisfaction.

Celle de l’artisan qui prend une matière informe et qui peu à peu la voit se transformer et devenir « l’ »objet de ses rêves. Il a du mal à l’abandonner mais il l’oublie dès qu’il commence la réalisation suivante.
Comme moi.

Chaque nouveau livre qui arrive m’apporte l’excitation de la découverte et de la nouveauté, ce n’est jamais pareil.
Je le range, je le classe, j’organise les fichiers puis je commence le ménage !

Quand j’ouvre un nouveau livre, je suis épouvantée par toutes les horreurs que j’y aperçois, et je me dis avec délices qu’il y a du boulot.
Puis, d’opération en opération, le livre sort de sa gangue d’« horreurs », devient propre, fluide, lisible… Joli à voir, facile à lire…

Je ne l’ai pas écrit mais sans moi il ne serait pas le même.

Rencontre

J’ai eu la chance de commencer à travailler pour un éditeur charmant, humain, qui m’a fait confiance et m’a donné des responsabilités.

Beaucoup de travail aussi, mais cela représentait pour moi un défi que je ne demandais qu’à relever.

J’ai corrigé, puis j’ai mis en page, puis j’ai travaillé avec les directeurs littéraires et les auteurs…

Je « rencontre » ainsi par mail des gens intéressants avec qui s’établissent des contacts de travail d’abord, puis de sympathie et même d’amitié.
Je sais par mon éditeur que l’on m’apprécie et c’est très gratifiant.

Je n’imagine pas mon travail autrement que dans ce climat de sympathie et de confiance mutuelles, et j’essaie de le créer avec chacun de mes interlocuteurs.

(Photo :"Ma montagne", c'est ainsi que Michèle appelle cet endroit.)

Travail et handicap-Reconnaissance

Travailler, être reconnu, est essentiel pour tout le monde. Et encore plus lorsqu’on est handicapé et qu’on est devenu pratiquement « invisible »…

J’avais en moi beaucoup de connaissances, de capacités que je ne pouvais plus exprimer, et ce métier, en m’en donnant la possibilité, m’a rendu la confiance en moi et l’intime satisfaction d’être utile, d’avoir encore ma place dans la société.

L’impression de vivre…

Devant mon ordinateur, quand je travaille ou communique, mes handicaps n’existent plus, seul importe ce que je suis…

Je travaille à mon domicile, à Fontenay-aux-Roses, au sud de Paris en France.
Mais Internet me permet de travailler sans souci des distances et avec la rapidité maximum : aucune grève des PTT ou des transports ne peut perturber les échanges.

Je travaille plus particulièrement pour l’édition mais également pour tout particulier ou entreprise qui me sollicite. Cela peut se faire sur papier bien sûr, par envoi postal et au crayon.

Mais comme je suis presque toujours devant mon ordinateur un mail a toutes les chances d’être lu dès qu’il arrive ou dans l’heure qui suit, et j’y réponds « par retour du courrier »…
michele.mirroir@gmail.com

Je travaille le plus souvent au forfait, après calcul de ce forfait sur le nombre de caractères à corriger que l’on m’annonce.

Mon site Internet vous apprendra plus précisément en quoi consiste mon travail : http://michcorr.tripod.com/

Michèle Mirroir vient de publier le récit de sa vie (sous le nom de Michèle Sommé) : L’Alphabet, aux Éditions Atlande (Neuilly, France).